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Point Presse

 

Brasilia, juillet 2010, le Comité du patrimoine mondial tient sa 34ème session dans la jeune ville, inscrite sur la liste du patrimoine mondial, qui fête cette année son jubilé. Parmi la quarantaine de propositions d'inscription sur la prestigieuse liste, un dossier belge va être examiné : les sites miniers majeurs de Wallonie.

En Belgique, pas de suspens, pas de frénésie, juste l'attente d'une confirmation. En effet, depuis quelques semaines, les responsables des sites et de la Région wallonne savent que l'Icomos International va proposer au Comité du Patrimoine de différer cette inscription. Déception ? Certainement car il est toujours difficile d'échouer si près du but. Mais peut-on vraiment parler d'un échec? Pas vraiment car si le site wallon n'est pas inscrit, l'avis proposé par Icomos International et qui ne sera pas remis en cause par le Comité contient des éléments très positifs. Le plus important est qu'il reconnaît la pertinence de la sélection des sites (Grand-Hornu, Bois-du-Luc, Bois du Cazier, Blegny-Mine) mais surtout qu'il reconnaît la valeur universelle exceptionnelle de l'ensemble composé par les quatre sites. Cette valeur universelle exceptionnelle est la condition fondamentale pour figurer sur la liste du patrimoine mondial.

Alors pourquoi ne pas décider de cette inscription? Les raisons sont essentiellement de deux ordres : la protection des sites et un manque de gestion coordonnées. En effet, lorsque le Ministre en charge du patrimoine décide en septembre 2008 d'instruire ce dossier de candidature, les sites sont revus et mis en cohérence dans la perspective de la candidature. Le constat est clair : Blegny-Mine ne bénéficie d'aucune reconnaissance, ni protection patrimoniales. Les autres sites sont classés, deux figurent même sur la liste du patrimoine exceptionnel. Toutefois, les classements existant sont insuffisants : ainsi au Grand-Hornu, la cité qui entoure les bâtiments industriels n'es pas classée, à Bois-du-Luc quelques éléments du village minier et les terrils ne sont pas protégés, au Bois du Cazier aussi certains témoins ne sont pas protégés comme la sépulture commune de plusieurs victimes de la catastrophe et les monuments commémoratifs
placés dans le cimetière communal. Un dossier d'inscription sur la liste du patrimoine mondial doit également prévoir l'établissement d'une zone tampon. Cette exigence correspond à notre notion de zone de protection : un bien classé n'est pas un élément isolé, il se situe dans un environnement avec lequel il interagit. Une protection efficace doit donc prendre en compte ces interactions et les gérer. Des zones de protection ont donc été définies pour chacun des sites. Les procédures ad hoc ont donc été initiées mais n'était pas abouties lors de l'examen de la candidature. Elément de satisfaction toutefois : à l'exception de la zone de protection autour de Bois du Luc qui a été estimée trop réduite, les périmètres de classement et de zones de protection ne sont pas remis en cause.

Une autre remarque porte sur un manque de gestion coordonnée des quatre sites. La gestion de chaque site n’est pas mise en cause mais bien l’absence d’une coordination, d’un projet commun.

Ces faiblesses du dossier nous en étions conscients et nous avons donc partagé l’analyse d’Icomos International et reconnu la pertinence de l’avis du Comité. Les autorités wallonnes n’avaient pas attendu cette décision pour tenter de remédier à ces points faibles, notamment par la mise en place d’un groupe de travail informel rassemblant gestionnaires des sites et département du patrimoine.

Un an plus tard, les parcours administratif des procédures de classement ont été menés à bien et les projets d’arrêté transmis au Ministre en charge du patrimoine. Les travaux du groupe de travail informel ont alimenté une réflexion plus large sur un système et une structure de gestion applicable tant aux sites miniers majeurs de Wallonie qu’aux sites déjà inscrits sur la liste du patrimoine, sans oublier les prochaines candidatures. Le Ministre en charge du patrimoine est saisi de ce projet.

En ce qui concerne le Comité du Patrimoine mondial, un dossier complémentaire répondant aux remarques formulées a été déposé en janvier 2010. Le Centre du Patrimoine mondial l’a déclaré complet et l’a transmis à Icomos International pour une nouvelle analyse. A l’automne 2011, une nouvelle mission d’expertise devrait être programmée et le dossier devrait à nouveau être examiné par le Comité du Patrimoine mondial lors de sa session de 2012. Augurons que cette fois, la décision nous soit favorable.